Le Premier ministre canadien Mark Carney a reçu une ovation exceptionnelle après son discours devant les dirigeants mondiaux à Davos le mois dernier. Et si vous avez discuté avec d’autres Canadiens depuis, vous avez sans doute remarqué la vague de fierté nationale qui a déferlé après cet événement, toutes tendances politiques confondues.
Comme beaucoup d’autres personnes dans le monde, nous avons été rassurés et inspirés par les propos du Premier ministre. Notamment parce qu’ils mettaient en avant une approche que nous défendons depuis longtemps chez Intersol : le leadership facilitateur. Contrairement aux approches de leadership descendantes, le leadership facilitateur est une collaboration entre les dirigeants et leurs collaborateurs, permettant aux personnes de se connecter les unes aux autres et au sujet traité dans la poursuite d’une vision et d’un objectif communs.
En tant que personnes dont le métier consiste à aider des groupes divers à réfléchir et à travailler ensemble dans la poursuite d’intérêts communs, nous faisons écho à son appel en faveur d’une approche pragmatique, relationnelle et facilitatrice de la résolution collective des problèmes dont notre monde a désespérément besoin pour surmonter ses défis considérables.
Voici quelques-uns des thèmes clés tirés du discours que nous considérons comme fondamentaux pour résoudre des problèmes complexes, non seulement dans l’arène géopolitique, mais aussi sur nos lieux de travail, dans nos foyers et dans nos communautés.
- Nommer la réalité actuelle
Nommer et décrire une situation de manière aussi objective que possible permet de s’assurer que les personnes réunies partent d’une compréhension commune de la réalité (même si leurs points de vue sur la manière de l’interpréter peuvent diverger). L’une des façons dont le Premier ministre Carney a fait preuve de leadership dans son récent discours a été de nommer une réalité que d’autres avaient observée mais n’avaient pas encore exprimée.
Comme il l’a dit, nous devons parfois consciemment abandonner la nostalgie afin de construire quelque chose de mieux pour l’avenir. L’expérience nous a appris que pour y parvenir, il est utile non seulement de nommer la réalité actuelle, mais aussi d’aider les gens à envisager un avenir prospère.
- La coopération plutôt que la construction de forteresses
Si l’envie de construire des murs dans un climat d’incertitude est compréhensible, la construction de ponts est en fin de compte une démarche plus puissante et plus stratégique, en particulier pour ceux dont les ressources ne sont pas illimitées. Un leader facilitateur aide les parties à sortir de leurs positions strictement défensives pour découvrir un terrain d’entente sur lequel elles peuvent avancer ensemble.
Nous sommes tout à fait d’accord avec l’idée que : « Les investissements collectifs dans la résilience sont moins coûteux que la construction de forteresses individuelles. Les normes communes réduisent les fragmentations. Les complémentarités sont positives pour tous. »
- Équilibre entre principes et pragmatisme
Dans notre domaine d’activité, les groupes et les dirigeants doivent souvent trouver un équilibre entre principes et pragmatisme. Selon la situation, l’un peut avoir plus de poids que l’autre. L’équilibre change souvent en fonction des circonstances. Cependant, à la base de chaque groupe ou institution, il doit y avoir certaines limites inviolables. Des valeurs si essentielles à leur raison qu’elles ne sont jamais négociables.
- L’engagement malgré les différences, le progrès plutôt que la perfection
Un élément du pragmatisme souligné par le Premier ministre est « de reconnaître que le progrès est souvent progressif, que les intérêts divergent, que tous les partenaires ne partagent pas nécessairement toutes nos valeurs ».
Si les valeurs communes constituent une base solide sur laquelle construire des relations, attendre de ses collaborateurs potentiels aient exactement la même position sur tout mène à une impasse.
Il est généralement préférable de progresser ensemble sur certains fronts plutôt que d’attendre que tout soit parfaitement aligné pour s’engager. Le Premier ministre Carney le reconnaît lorsqu’il parle d’accepter « le monde tel qu’il est » et de ne pas attendre « le monde tel que nous le souhaitons ». Il a ensuite souligné la nécessité de former des coalitions qui « travaillent sur chaque question avec des partenaires qui partagent suffisamment de points communs pour agir ensemble ». C’est le type de travail que nous soutenons chaque jour auprès des dirigeants .
- Travailler ensemble pour faire respecter les règles qui rendent la collaboration possible
L’un des outils les plus puissants et les plus fondamentaux à la disposition d’un leader facilitateur est l’établissement de règles d’engagement ou de règles de base. Qu’elles soient destinées à la durée d’une réunion ou d’un projet, ces lignes directrices contribuent à maintenir la productivité des discussions et des comportements et à rester concentré sur les solutions. Bien que leur respect soit une responsabilité partagée, le leader facilitateur est en fin de compte responsable de veiller à ce que cela se fasse de manière cohérente, même lorsque les questions deviennent épineuses et que les émotions sont vives, « en appliquant les mêmes normes aux alliés et aux rivaux », comme l’a dit le premier ministre.
En conclusion, nous partageons la fierté du premier ministre Carney à l’égard du pluralisme du Canada. Dans notre espace public « bruyant, diversifié et libre », ainsi que dans notre engagement à travailler en collaboration pour faire progresser nos intérêts communs et défendre les valeurs canadiennes qui nous sont chères. En tant que leaders facilitateurs nous-mêmes, nous considérons que c’est la seule voie viable pour l’avenir. Nous abordons donc le prochain chapitre de notre pays avec espoir, après avoir vu à maintes reprises que les citoyens d’un océan à l’autre n’hésitent pas à agir ensemble sur les questions importantes.